01 février 2022
C’est au cœur même de la représentation française à Lisbonne que Mme l’Ambassadrice a reçu la presse afin de présenter les grands axes que la France entend développer durant sa présidence du Conseil de l’Union Européenne. Avant d’entrer dans les détails développés par le pouvoir français, rappelons ce qu’est cette présidence et cette institution.
La France exerce depuis le 1e janvier et pour 6 mois la Présidence du Conseil de l’union européenne qui est une des 7 institutions européennes et l’une des 4 institutions majeures de l’Europe et qui exerce conjointement avec le Parlement Européen le pouvoir législatif.
Cette présidence est dite tournante car chaque état l’exerce pendant 6 mois, ce qui signifie une fois tous les 13 ans. Chaque état préside le conseil durant 6 mois mais le travail se fait en réalité sur 18 mois en trio avec les 2 pays qui lui succéderont à la tête du Conseil, ainsi la France est-elle dans le trio en compagnie de la Suède et de la République Tchèque jusqu’à la fin du premier semestre 2023.
Ce Conseil de l’Union Européenne réunit les différents ministres des états membres et fonctionne en symbiose avec le Parlement Européen comme une seconde chambre législative, avec en plus une compétence particulière en matière budgétaire, car il est en charge de la composition du budget européen qui sera voté par le Parlement.
La France a décidé de placer sa présidence sous les idées forces de la puissance, de la relance, et de l’appartenance.
Pour ce qui concerne la puissance, la sauvegarde des intérêts européens et la réponse à d’éventuelles menaces sont au cœur de l’action avec la protection de l’espace européen (renforcement de Schengen) et les relations avec les pays tiers, notamment l’Afrique, ainsi qu’une importante réunion sur les pays des Balkans dont certains seront amenés à intégrer l’UE.
Pour ce qui concerne la relance, elle bien entendu économique et les sacro-saints critères de convergence du traité de Maastrich ayant été foulés au pied par les dépenses énormes de soutien durant la pandémie, il convient d’édicter de nouvelles normes budgétaires et de trouver un nouveau modèle européen de croissance.
Enfin l’appartenance a pour but de faire que les habitants de l’Europe se sentent appartenir à l’Europe, sempiternel oxymore politique des européistes qui parlent de souveraineté européenne ou de citoyens européens, mais des mesures concrètes seront aussi prises pour favoriser le retour à la mobilité des jeunes par la création d’un service civique européen. Seront menées des réflexions sur les regroupements possibles pour les universités européennes, ou encore une réflexion sur l’histoire de l’Europe menée par des historiens.
Dans la droite ligne des présidence portugaises et slovènes et du sommet social de Porto, la présidence française va continuer ce mouvement en faveur d’un salaire minimum européen, un salaire qui ne sera pas uniforme, mais faire que tous les états membres aient un salaire minimum. La transparence salariale hommes-femmes ainsi que la protection des salariés des plateformes numériques sont aussi des axes importants.
Concernant l’immigration, là aussi il y aura une tentative d’harmonisation des législations, ce qui est compliqué, les différents pays ayant des expositions très variables au phénomène.
Enfin et cela montre encore la convergence entre les politiques françaises et portugaises, les océans seront mis un peu plus près du centre des préoccupations environnementales, la France comme le Portugal sont les pays les plus océaniques d’Europe et ont décidé de prendre ce problème à bras-le-corps.
Il faut toutefois avoir en tête que toutes ces tentatives d’avancées ou d’harmonisation se font à petit pas, il y a pour chaque question 27 état membres à convaincre plus le Parlement Européen !
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