13 décembre 2021
Il y a des jours où toutes les planètes s’alignent, imaginez, la plus prestigieuse des compétitions de grosses vagues au monde qui a lieu entre le 15 novembre et le 31 mars va se disputer à Nazaré, le 12 décembre, les vagues sont attendues, pas n’importer lesquelles ; 18 à 20m, ce qui signifie que dans un instant de grâce, la houle, le vent les marées sont entrés en conjonction pour offrir au canyon de Nazaré des vagues monstrueuses, surement les plus hautes du monde proposées à un poignée de surfers qui se sont fait une spécialité de ces murs d’eau.
Tout est en place, il va faire beau, le 12 est un dimanche, on peut attendre une affluence record, des vagues incroyables, des performances inouïs, une ferveur du public monstrueuse, des sponsors ravis des retombées, des VIP enfin enjoués, des images qui contribueront encore un peu plus à la légende du lieu, bref une journée parfaite.
Seulement, il y a du brouillard, pas un peu de brume, du brouillard, très très épais, n’étant pas doué pour les lieux communs, je ne vous dirais pas qu’il est à couper au couteau que c’est de la purée de pois.
Le public est pourtant bien présent, prouvant que le surf peut tout à fait être un sport populaire, les stands sont là, les marchands sont là, les sponsors, les équipes de surfers sont constituées avec des surfers venus du monde entier, les vagues immenses sont là, on les entend, on ne les voit même pas, mais voilà, lui aussi est là, le brouillard !
En début d’après-midi, un espoir a couru, on a commencé à voir se disloquer la couche grise côté sud, on a entrevu la mer, la plage, la ville de Nazaré, ce rayon de soleil et de ciel bleu donne au Sitio un côté alpin, on pourrait se croire au ski, au-dessus de la couche nuageuse, on est presque étonné de ne pas distinguer le Mont-Blanc à l’horizon.
Mais peine perdue, côté nord, là où sont les vagues, là où devait avoir lieu l’affrontement entre l’homme et la nature, la visibilité est toujours incompatible avec la pratique du surf extrême dans des vagues extrêmes.
Il faut revenir demain me dit un membre du staff, en espérant que le brouillard sera allé voir ailleurs. Sinon, il reste jusqu’au 15 mars pour que la compétition ait lieu, et les surfers venus du monde entier pour la disputer n’auront plus qu’à attendre un autre jour de grosses vagues pour venir s’affronter mais surtout se mesurer avec les éléments, c’est un peu comme si l’on organisait une course de ski devant une avalanche ou une course à pied sur les pentes d’un volcan en irruption, une de ces folies qui font finalement rêver les hommes.
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