05 mars 2023
Les retraites, c’est un sujet, brûlant, il concerne tout le monde aujourd’hui ou demain, il peut modifier en profondeur nos vies, c’est un sujet qui passionne les français.
Mehdi Benlahcen nous livre son analyse, se basant sur les avis du COR (Conseil d’Orientation des Retraites), il nous explique que l’urgence financière de la réforme n’est pas avérée, les déficits sont trés faibles et vont en s’amenuisant, aussi, selon lui si réforme des retraites il doit y avoir, elle doit être une véritable réforme de fond de notre système, elle doit être l’occasion d’un grand débat dans la nation sur ce que l’on souhaite faire, comment reconstruire un système pérenne (notre système mis en place dans l’immédiate après-guerre était basé sur l’existence d’un retraité pour 4 actifs, aujourd’hui 1,3 actif pour un retraité), ainsi la première question est peut-on continuer à faire fonctionner un système basé sur le plein emploi quand il y a plus de 50 ans que l’on ne connait plus ce plein emploi ?
Par ailleurs note Mehdi Benlahcen, quand on fait une réforme des retraites en France, on s’attaque toujours et en priorité à l’âge de départ à la retraite, alors qu’il existe d’autres variables (on peut augmenter le montant des cotisations des actifs, on peut aussi baisser les pensions versées), mais qui sont politiquement peu payantes dans le cas où un exécutif ait l’ambition d’être réélu. Les retraités sont ceux qui votent le plus !
Mais quid de ce principe de solidarité intergénérationnel prôné par notre système et qui est mis à mal par chacune des réformes ? En effet, la génération qui est aujourd’hui en retraite a travaillé jusqu’à 60 ans, 62 ans, et pour payer leurs retraites, les jeunes actifs d’aujourd’hui vont devoir eux travailler jusqu’à 64 ans, et ainsi de suite à l’infini ?
Mehdi Benlahcen explore aussi d’autres possibilités, il voit dans le travail dissimulé un gisement de cotisations inexploité, aussi propose-t-il de légaliser les travailleurs clandestins qui sont souvent des immigrés clandestins, de ce fait, cela créerait un afflux de cotisations.
Des idées, il y en a selon lui, il faudrait commencer par définir ce que nous souhaitons, comment nous souhaitons réviser notre système de retraites, et une fois le nouveau modèle défini, les ressources seront « faciles » à trouver, mais on ne peut pas faire l’économie de cette réforme de fond si l’on veut recréer de la pérennité. Hélas, rares sont les politiques ayant cette vision à long terme, on le voit avec l’énergie, l’hôpital, les retraites, l’éducation, la justice,… une gestion à la petite semaine qui consiste à fabriquer des rustines peu opérantes et par nature provisoires.
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