03 février 2021
En tant que conseiller consulaire, Mehdi Benlahcen siège de droit au comité d’établissement (c’est le conseil d’administration) du lycée français de Lisbonne dont la dernière tenue de prés de 3h45 a eu lieu le jeudi 28 janvier 2021 et a été l’occasion de se pencher sur des comptes fortement déficitaires.
Mehdi Benlahcen revient sur ces problèmes et nous expose les 2 grandes causes de ce déficit qui tend à devenir chronique.
La première cause est un projet immobilier décidé en 2016 et dont le budget de départ était de 7,5 millions d’euros afin de construire une extension pour accueillir dignement les élèves dont le nombre est passé de 1750 à plus de 2100. Or l’appel d’offre afin de choisir les entreprises est demeuré infructueux, le projet fut à l’origine mal dimensionné, mal ficelé et peu en lien avec la réalité économique du coût de la construction au Portugal, ainsi, ce projet dont les travaux devraient commencer ces jours-ci aura un coût d’au moins 14 millions d’euros (coût estimé avant le début des travaux ! On peut facilement imaginer quelques retards, dépassements ou autres imprévus qui feront encore gonfler la note…), mais ces dépassements sont en grande partie absorbés par l’AEFE (l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger), organisme sous la tutelle du ministère des affaires étrangères dont dépendent les écoles françaises de l’étranger. Reste à la charge de l’établissement la somme de 900 000€ tout de même. Un emprunt pour financer ce projet aurait été le bienvenu, afin de lisser ce coût sur plusieurs décennies, mais l’AEFE ne peut emprunter, c’est statutaire !
La seconde cause est due à la structure même du personnel de l’établissement, ainsi si la majeure partie des enseignants et des administratifs dépendent de l’éducation nationale française, il y a une partie du personnel qui elle est embauchée sur place aux moyens de contrats de droit local, et cela concerne aussi une dizaine de professeurs qui, suite à des coupes budgétaires importantes, ne sont plus « fournis » par l’éducation nationale mais par des contrats locaux. Or ces professeurs sont rétribués à peu près au même montant que leurs collègues fonctionnaires et selon les mêmes critères d’évolution des traitements que la fonction publique (en gros, plus un fonctionnaire est ancien dans sa fonction et dans sa qualification, plus son salaire augmente), ce qui implique une progression annuelle automatique de plus de 5% par an de la masse salariale.
Afin de réduire cette augmentation automatique, la solution repose dans le fait d’embaucher des salariés plus jeunes dans leur grade afin d’avoir une masse salariale moindre, ce qui ne peut se faire en l’état que sur le long terme, au gré des renouvellements.
Ces deux effets se télescopent et donnent lieu à un augmentation des frais de scolarité de 6% par an pour au moins les 2 années à venir, ce sont finalement les familles, en bout de chaîne qui vont devoir mettre la main à la poche, ce qui en cette période de double crise sanitaire et économique est pour le moins malvenu !
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