Le 11 novembre au Portugal, suite et fin

12 novembre 2021
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Le 11 novembre est le jour de l’armistice, mais il est aussi celui de la Saint-Martin. Saint-Martin est un personnage ayant un destin hors du commun, c’est un romain, fils de patricien, né en Hongrie en 316 et qui au gré des campagnes militaires auxquelles il participe se retrouve en France. Il embrasse la foi catholique dès son très jeune âge et un jour qu’il croise un miséreux proche d’Amiens, ayant donné tout ce qu’il avait aux autres pauvres, découpe son manteau en deux pour le partager avec le pauvre. Cette anecdote légendaire en fait un symbole de la générosité et n’est pas la seule à émailler la vie du Saint. Il est choisi par la population de Tours pour devenir son évêque, ce qu’il accepte sans renoncer à son mode de vie fait de prière et de pauvreté.

La moitié de son manteau, de sa cape, celle-là même qu’il avait partagé avec un pauvre est l’objet du vivant de Saint-Martin d’un culte, elle est conservée dans une pièce que l’on appellera finalement capella, c’est là l’origine du mot chapelle. 

Un jour avec ses disciples alors qu’ils observent des oiseaux pêcheurs se disputer un poisson, Saint-Martin explique que le démon se conduit comme ces oiseaux avec les âmes, ces oiseaux prirent le nom de Martin-pêcheurs.

Saint-Martin meurt en 396, il se trouvait alors à Candes (qui deviendra Candes Saint-Martin), les habitants de Tours qui lui vouaient un véritable culte voulant être sûr de pouvoir enterrer leur évêque dans leur ville subtilisent sa dépouille de nuit et la ramènent vers Tours par barque sur la Loire, tout au long du parcours alors que l’on est en plein automne, les fleurs refleurissent et les arbres reverdissent, c’est là l’origine du fameux printemps de la Saint-Martin. Il sera enterré le 11 novembre à Tours.

En droit rural français, la Saint-Martin était aussi le jour du paiement des fermages.

Au Portugal, Saint-Martin est aussi un saint très populaire, le 11 novembre, il est de coutume de manger des châtaignes et de boire du vin nouveau, ces festivités encore très suivies s’appellent magusto. Cette fête est toujours d’actualité, ce qui fait que l’on parle plus au Portugal du 11 novembre comme jour de la Saint-Martin que comme jour de l’Armistice. Et pourtant la première guerre mondiale a eu des conséquences sur les rapports entre France et Portugal qui perdurent.

Saviez-vous qu’en 1916, la France ayant envoyé tous ses hommes valides au front se trouve dépourvue de main-d’œuvre, elle passe un accord avec le gouvernement portugais pour que ce dernier lui envoie des hommes pour travailler dans l’industrie et dans les champs. Cet accord signé le 28 octobre 1916 va faire dévier le flux de population portugaise qui partait qui pour le Brésil qui pour les colonies portugaises vers le nord de l’Europe et principalement la France. En décembre 1916, 854 ouvriers portugais étaient arrivés en France porteurs de passeports collectifs par groupes de 50 à 150 personnes pour limiter leur autonomie, le gouvernement portugais ne voulant pas voir partir sa main-d’œuvre à l’étranger, particulièrement les grands propriétaires terriens. A la fin de la guerre environ 13 000 ouvriers avaient gagné la France. Beaucoup se plaignaient des conditions climatiques auxquelles ils n’étaient pas préparés, aussi une majorité repartit, mais ceux qui restèrent servirent de point de chute aux nouveaux arrivants et le courant d’émigration entre les 2 pays n’a jamais cessé, il s’est particulièrement accru lors de la seconde moitié du XXe siècle. Des soldats du CEP (Corps Expéditionnaire Portugais) sont d’ailleurs eux-aussi restés en France après la fin de la guerre.

Voilà une conséquence assez peu connue de la première guerre mondiale sur les relations entre le Portugal et la France.

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