Franck Desmedt, un homme de théâtre à Lisbonne

19 avril 2022
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Il est né en 1973, il a suivi le parcours classique de tout comédien souhaitant embrasser ce métier avec sérieux (Conservatoire, Cours Simon), et depuis qu’il est comédien, il a toujours vécu de son art. Il est aussi le directeur du théâtre de la Huchette, et aussi metteur en scène, un homme de théâtre comme on dit même s’il ne répugne pas à se montrer aussi dans des téléfilms. 

Il arrive à l’âge où l’on commence à maîtriser son métier, il a d’ailleurs gagné le Molière du meilleur comédien dans un second rôle en 2018, grâce à la pièce Adieu M.Haffman. Il est à nouveau pressenti cette année pour le Molière du meilleur comédien seul en scène pour sa prestation dans La promesse de l’aube de Romain Gary.

Nous avons pu rencontrer Franck Desmedt à Lisbonne où il était venu présenter lors de deux soirées exceptionnelles au théâtre Villaret Le voyage au bout de la nuit et La promesse de l’aube. Ces deux représentations ont été un grand succès pour le Voyage au bout de la nuit et un triomphe pour La promesse de l’aube, preuve que le théâtre rencontre son public dés lors que la qualité est là. Seul en scène, l’acteur donne tout ce qu’il a pour nous faire approcher le génie des auteurs littéraires qu’il a choisi de nous faire apprécier.

Pour créer ces deux spectacles, Franck Desmedt a choisi des extraits de ces deux œuvres majeures de la littérature française et les joue seul sur la scène, dans un décor minimaliste et une mise en scène d’une grande sobriété, mais avec un plaisir non dissimulé, une gourmandise à dire ces textes même si le premier est rude, dur, acide, on a l’impression que les mots de Céline sont sublimés au sens physique du terme, ils passent de l’état solide à l’état gazeux, comme des parfums, et quand on les entend, ils sont encore plus secs et claquants que lorsqu’on les lit. 

Pour ce qui concerne La promesse de l’aube, on est dans un registre plus doux, plus suave, moins acide et on sent le public pendu à la bouche de l’acteur, avide d’entendre, de ressentir la beauté de ce texte sur l’amour maternel.

L’acteur est au zénith, il possède le texte, le sens, le rythme et la scène, pas un faux-pas, rien à ajouter ou retrancher, il est son texte et rien que son texte avec un respect et une humilité qui font rejaillir plus de gloire sur l’auteur que sur le comédien, et pas une personne n’est sortie de la salle sans se promettre de lire ou relire ces monuments du XXe siècle. 

Et si c’était simplement le principal but de Franck Desmedt ?

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