20 juin 2022
Si le résultat de ce scrutin est plein de surprises, celui de la 5e circonscription des français de l’étranger est quant à lui conforme à ce que l’on pouvait attendre avec la victoire de Stéphane Vojetta ex-LREM avec 56,54% des voix contre 43,46% à Renaud Le Berre de la NUPES.
Les votes des français de l’étranger sont d’ailleurs très ressemblants seule la 9e circonscription élit un député NUPES, les 10 autres circonscriptions envoient à l’Assemblée un député LREM ou proche de LREM, majorité présidentielle en tout cas.
Les résultats au niveau national sont quant à eux historiques, pour la première fois depuis 1958, un Président de la République nouvellement élu n’a pas la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Autant dire que gouverner va devenir un exercice basé sur les compromis ou les compromissions, mais en tout cas on peut d’ores et déjà s’attendre à un quinquennat peu prolifique en réformes pour utiliser un euphémisme…
Stéphane Vojetta est très conscient de la faiblesse de la majorité présidentielle, et sait que l’exercice législatif sera compliqué, que des accords devront être trouvés que le travail législatif risque d’en être très difficile, lent, sans arrêt proche du blocage.
La question qu’il faut se poser, c’est de savoir si cette assemblée ira au terme de sa mandature ? Doit-on craindre ou souhaiter une dissolution ? Cette possibilité pourrait-elle être la solution ou ne ferait-elle qu’aggraver les difficultés ?
Une chose est certaine, notre Ve république n’a pas été créée pour fonctionner au mieux sans une majorité absolue à l’Assemblée Nationale, on peut même affirmer que c’est presque un prérequis du régime, qui a d’ailleurs été renforcé avec la réforme idiote du quinquennat faisant coïncider les échéances et de ce fait mettant sur le même plan les impératifs de la fonction législative avec ceux de la fonction présidentielle, une erreur de plus de nos chers dirigeants qui ce jour là auraient mieux fait de compulser un manuel de droit constitutionnel de première année afin de comprendre les particularismes du régime de la constitution de 1958.
En consultant ces auteurs que sont Chantebout, Pactet, Duverger et autres, on apprend aussi que la Ve République est aussi le régime le plus institutionnellement souple que la France ait connu, souhaitant que cela nous aide encore une fois malgré la toujours stupide réforme de 2008 ne donnant au premier ministre la possibilité d’utiliser l’article 49-3 qu’une seule fois par session parlementaire, c’est vous dire à quel point les réformes constitutionnelles des 40 dernières années vont se révéler nuisibles à la bonne marche des institutions, mais la réforme constitutionnelle était vue comme une figure imposée, il a donc fallu en improviser, nous allons hélas pouvoir compter les voies d’eau que cela occasionnera dans le navire qui prend la mer avec cette Assemblée Nationale inédite !
Commentaires(1)